Survol de Bruxelles: le sud râle

woensdag 22 januari 2014

"On ment aux Bruxellois", dixit une ASBL. Auderghem et Boitsfort s’inquiètent.

Le plan de dispersion des vols au-dessus de Bruxelles est-il condamné à être cloué au sol ? La nouvelle mouture du plan Wathelet (CDH), le secrétaire d’Etat en charge du dossier, vient en tout cas d’être vivement recalée par l’association de riverains "Bruxelles Air libre". L’association n’y va pas par quatre chemins. D’après elle, "on ment aux Bruxellois". "Ce plan ne soulage en rien les nuisances subies et exposera davantage de Bruxellois à la pollution sonore, atmosphérique et aux risques liés à l’aéroport de Zaventem, très mal situé."

En ligne de mire de l’association, il y a notamment la "route sud-est", par laquelle transitent actuellement "60 % des décollages". Cette route effectue un virage à gauche vers Huldenberg (voir carte ci-jointe) dès que les avions atteignent une altitude de 1 700 pieds, explique l’association. Or avec le plan Wathelet, 2/3 de ces vols (soit environ 45000) s’aligneront "sur des radiales". Conséquences ? "Les communes, jusque-là épargnées, comme Auderghem, Etterbeek ou Boitsfort seront davantage survolées. En fait, il n’y aura plus de zones épargnées dans Bruxelles", dénonce Air libre qui parle d’une décision "catastrophique" qui fait la "part belle" à la Flandre.

Dans deux communes du sud de Bruxelles, Watermael-Boitsfort et Auderghem, on s’inquiète aussi de ces mesures, bientôt d’application. D’après Didier Gosuin (FDF), le bourgmestre d’Auderghem, M. Wathelet a été "influencé". "On constate qu’une grande partie de la périphérie flamande va être moins exposée", dénonce le député qui regrette que cette décision soit "purement politique" et "pas rationnelle". "Cela ressemble à un patchwork improvisé", dixit M. Gosuin, inquiet de l’impact qu’auront les arrivées prochaines de Ryanair et Vueling à Zaventem. "A la différence de la nuit, il n’y a aucune limite de vols le jour."

Le FDF a ainsi déposé une résolution pour qu’une étude épidémiologique "sérieuse" soit menée. "Je ne suis pas un radical : il y aura toujours des nuisances. Mais il faut objectiver les décisions par des études sur l’impact au sol comme ils l’ont fait pour l’aéroport Charles-de-Gaulle à Paris, par exemple." Autre mesure prônée par le bourgmestre : celle de déplacer les sonomètres sur les nouvelles trajectoires pour pouvoir appliquer l’arrêté sanctionnant les compagnies trop bruyantes.

"Les écolos sont traumatisés"

M. Gosuin constate ainsi que, jusqu’ici, très peu d’amendes ont été payées à la Région. "Il faut contraindre le gouvernement bruxellois - qui ne montre aucune motivation et volonté politique sur ce dossier - à agir", explique le FDF. Le député regrette notamment le "silence manifeste" d’Ecolo. "Les écologistes sont toujours traumatisés : au début des années 2000, ils ont été virés du gouvernement à cause de cette question de nuisance sonore. Pour eux, moins on en fait, mieux c’est."

Pourtant Olivier Deleuze, bourgmestre Ecolo de Watermael-Boitsfort se dit aussi inquiet par ce plan. "M. Wathelet m’avait pourtant assuré que ce plan aurait des conséquences très positives sur Watermael-Boitsfort, mais ne m’a apporté aucune réponse en ce qui concerne la modification du virage à gauche." Du coup, le bourgmestre s’interroge : "Quel sera le tracé exact de cette nouvelle route ? Combien d’avions vont l’utiliser ? Malgré un rappel, M. Wathelet n’a pas répondu à mes questions."

Du côté du cabinet du secrétaire d’Etat, on explique pourtant avoir appliqué strictement l’accord du gouvernement qui consistait à "ne plus concentrer tous les vols sur une même trajectoire". "Le seul changement qu’on a dû réaliser est de rabaisser le tournant de 2 200 pieds à 1 700 pieds, et ce pour des raisons de sécurité."