La pollution de l’air atmosphérique classée cancérigène

rtl.be
vrijdag 18 oktober 2013

La pollution de l’air qui nous entoure est cancérigène. Telle est la conclusion de l’agence spécialisée sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui pointe du doigt de nombreux secteurs économiques comme responsables.

"Nous savons maintenant que la pollution de l’air extérieur n’est pas seulement un risque majeur pour la santé en général, mais aussi une cause environnementale de premier plan des décès par cancer", a déploré le docteur Kurt Straif du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), en conférence de presse. "L’air que nous respirons a été contaminé par un mélange de substances qui provoque le cancer", a-t-il déclaré.

Les particulaires, "cancérigènes certains"

Concrètement, le CIRC classe désormais la pollution atmosphérique parmi les cancérogènes certains pour les êtres humains, a annoncé son directeur, Christopher Wild. Les matières dites "particulaires", comme par exemple les particules fines, et qui font partie de la pollution de l’air ont aussi été classées par le CIRC dans la catégorie "cancérigène certain".

"10% des cancers du poumons liés à la pollution de l’air "

M. Wild a toutefois souligné que parmi les près d’un million de cancers des poumons enregistrés chaque année, la majorité est liée au tabac. Seuls "environ 10% sont liés à des causes comme la pollution de l’air", a-t-il dit.

Les données les plus récentes dont dispose le CIRC montrent qu’en 2010, 223.000 personnes étaient décédées d’un cancer du poumon en lien avec la pollution de l’air. "Les résultats issus des études pointent dans la même direction: le risque de développer le cancer du poumon augmente de façon significative chez les personnes exposées à la pollution atmosphérique", a déclaré le docteur Dana Loomis, du CIRC. Des milliers d’études réalisées confondues

Les experts, réunis pendant plusieurs jours à Lyon, ont analysé les résultats de milliers d’études réalisées dans le monde entier et ayant permis de suivre l’évolution de la santé de femmes et hommes pendant des décennies. "Dans les 40 dernières années du programme de monographie, il y a eu plus de 950 agents qui ont été évalués, que ce soit une fois ou de façon répétée pour savoir s’il y a de nouvelles preuves importantes", a indiqué le Dr Straif. "Plus d’une centaine d’entre eux ont été classés comme cancérigène pour les humains, c’est le groupe de classification le plus haut, et cela veut dire que nous savons que c’est la cause de cancer chez les humains", a-t-il ajouté.

Certaines régions du monde concernées

Pour l’instant, les données n’ont pas permis d’établir si un groupe particulier (femmes ou hommes, jeunes ou âgés) était plus vulnérable. Mais "les personnes les plus exposées (à l’air pollué, ndlr) sont les plus vulnérables", a relevé le Dr Straif. Selon les études, ces dernières années les niveaux d’exposition à la pollution atmosphérique ont augmenté significativement dans certaines régions du monde, en particulier dans les pays largement peuplés et à croissance industrielle rapide, comme la Chine. "Classer la pollution de l’air atmosphérique comme cancérigène pour l’homme est une étape importante", a déclaré M. Wild. Espoir de réduire la pollution atmosphérique dans le monde

"Il y a des façons effectives de réduire la pollution atmosphérique et, étant donné l’ampleur de l’exposition (à la pollution, ndlr) qui touche les personnes à travers le monde, ce rapport devrait envoyer un signal fort à la communauté internationale pour qu’elle agisse sans délai", a-t-il estimé. Le CIRC publiera ses conclusions de façon plus détaillée le 24 octobre sur le site internet The Lancet Oncology. Toutefois dans son communiqué de jeudi, l’organisation cite les transports, l’industrie, l’agriculture, et le fait de cuisiner et chauffer son lieu de résidence comme principales causes de cette pollution atmosphérique.

"Je pense que c’est important de soulever le fait qu’il faille vraiment une action de santé publique collective pour résoudre ce problème", a souligné le Dr Loomis, considérant que c’était aux politiques de prendre des mesures, pendant que les experts devaient se contenter d’établir des faits.

En 2012, les gaz d’échappement des moteurs diesel avaient, eux aussi, été classés dans la catégorie cancérigène par le CIRC.