L’aéroport d’Heathrow va payer 1,68 milliard d’euros pour dédommager les riverains

levif.be
woensdag 26 oktober 2016

Le projet de troisième piste de l’aéroport d’Heathrow, approuvée par le gouvernement de Theresa May, pourrait entraîner le rachat de plus de 4.000 maisons. Cela n’empêchera pas une opposition jusqu’au sein même de l’exécutif britannique.

Après 13 ans de discussions, le gouvernement britannique a finalement accepté le projet de construire une troisième piste à l’aéroport d’Heathrow, le plus fréquenté en Europe, avec 73 millions de passagers en 2015. Ce type de projet n’est pas plus populaire qu’ailleurs en Europe. L’opération sera accompagnée par l’expropriation de 750 maisons, et le rachat (facultatif) de 3.750 autres maisons si leurs propriétaires le souhaitent. Selon le Financial Times, le budget total prévu est de 1,5 milliard de livres, soit 1,68 milliard d’euros.

Opposition autorisée au sein du gouvernement

Le projet est considérable, car il comprend non seulement une piste, mais un nouveau terminal (le sixième), et coûtera plus de 20 milliards d’euros. Il faudra attendre 2025 au plus tôt avant qu’il ne soit réalisé. Le parlement devra se prononcer. Les recours ne devraient pas manquer, car la troisième piste devrait doubler le nombre de vols au-dessus de Londres, ce qui hérisse le maire travailliste de Londres Sadiq Khan. Les voix discordantes devraient être entendues y compris au sein du gouvernement. La Première ministre Theresa May a autorisé les avis divergents. Ainsi le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, opposant de toujours de l’extension d’Heathrow, a confirmé qu’il continuerait à contester le projet.

Poussé dans le dos par le Brexit

Le gouvernement britannique a fait le choix entre plusieurs hypothèses pour faire face à la saturation des grands aéroports londoniens : une troisième piste à Heathrow, à l’est de Londres, une nouvelle piste à Gatwick, au sud. Boris Johnson préférait l’ouverture d’un nouvel aéroport dans l’estuaire de la Tamise, à l’est de la capitale. Une commission a analysé diverses alternatives et tranché en faveur d’Heathrow. Le Brexit et la volonté de présenter un projet positif au plan économique, dans une période troublée, a visiblement poussé la décision du gouvernement britannique. Il espère 77.000 emplois et plus de 60 milliards de livres d’activités économiques supplémentaires. La décision de la commission, suivie par le gouvernement, propose aussi d’encadrer le projet sur le terrain des nuisances. Avec une interdiction de vols de 23h30 et 6h00, en parlant de limites de bruits plus sévères, de taxation du bruit au profit des localités voisines et la mise en place d’une autorité indépendante pour examiner les routes et les procédures.

Le rachat des maisons ne concerne que les environs immédiats de l’aéroport. Notamment le village de Harmondsworth, qui devrait être démoli. Le rachat de maisons pour cause de nuisance sonore n’est pas inconnu en Belgique. Il est pratiqué par la Sowaer, l’organisme public wallon qui possède les infrastructures des aéroports de Charleroi, Liège, Spa et Saint-Hubert.