L’intérêt économique de l’aéroport mis en cause

lesoir.be
dinsdag 27 januari 2015

Une association de riverains souligne d’apparentes contradictions entre les chiffres avancés par Brussels Airport et ceux confirmés par la Banque nationale.

En novembre, la mise à jour du rapport de la Banque nationale sur le poids économique du transport aérien en Belgique confère 17.500 emplois directs à l’aéroport national de Bruxelles, dont 8.853 sont liés aux activités strictement aériennes. De quoi étonner les riverains du « Collectif Canal », mobilisés contre l’utilisation de la route du même nom par les avions au départ de Zaventem, confrontés aux chiffres trouvés dans le Mémorandum que Brussels Airport avait rédigé pour informer les négociateurs des différentes majorités au lendemain des élections.

La propagande de l’aéroport se baserait sur des chiffres trop avantageux. « La plupart des arguments avancés pour défendre sa stratégie de croissance sont contestables, voire erronés » reproche le collectif.

Premier argument contesté : « Par rapport à 2000, Brussels Airport est parvenu à réduire de 66 % les émissions sonores pour les riverains ». 66 % de quoi ?, demande le collectif remarquant que les sources de l’aéroport ne sont pas précisées. Mais qui rappelle surtout que le véritable nombre de personnes touchées par les nuisances reste un mystère : sans harmonisation des relevés entre les trois régions concernées, leur nombre passerait de 77.229 à 1.071.200 personnes potentiellement impactées selon les points de vue.

Ensuite, il y a notamment les emplois créés par l’activité de Brussels Airport. L’aéroport avance un potentiel de création de « 10.000 emplois supplémentaires » et réclame des mesures favorables afin de ne pas mettre « en péril les 60.000 emplois actuels ». Or quand la Banque Nationale parle de 60.000 emplois directs et indirects pour l’activité aérienne, c’est pour l’ensemble du pays. À Brussels Airport, où la Banque nationale a présenté ses chiffres sans contester ceux de l’aéroport, elle attribue 17.500 emplois directs et 20.800 emplois indirects (déjà beaucoup plus malaisés à identifier). « On doit y ajouter 20.000 emplois catalytiques » précise l’aéroport, sur base de standards internationaux, des emplois générés par l’activité aéroportuaire dans le tourisme, l’hôtellerie, etc.

Quant aux nouveaux emplois potentiels, « l’évolution de l’emploi enregistrée à Bruxelles-National entre 2009 et 2012 relève une augmentation de 12 % du trafic de personnes et de 3 % du trafic fret au cours de cette période mais une diminution de 2 % de l’emploi direct au lieu d’une augmentation théorique de 11.5 % », corrige le collectif avant d’envoyer son analyse à tous les responsables politiques qui avaient reçu le Mémorandum de l’aéroport.