Survol intensif ou partage abusif?

lalibre.be
dinsdag 8 april 2014

Le trafic aérien est une réalité de notre époque. Le concentrer au-dessus de certaines zones de Bruxelles, c’est faire preuve d’égoïsme. Le partage constitue la seule solution au problème. Une opinion de Margaux Degen (17 ans), habitante de Crainhem.

Chers membres de l’association "Plan Wathelet, pas question". Vous avez formé un mouvement de contestation contre le plan Wathelet qui vise à une meilleure répartition des routes aériennes au-dessus de la ville de Bruxelles. Il est vrai que la densité de survol d’avions a fortement augmenté dans vos communes (Etterbeek, Auderghem, Boitsfort et d’autres), ce qui a dû poser des problèmes de nuisances sonores.

J’ai 17 ans, j’habite à Crainhem, mais le fond de mon jardin est situé à Bruxelles. Depuis plus de dix ans, le trafic aérien pose problème dans mon quartier. Toute mon enfance, j’ai assisté à des mouvements de protestation pour réduire les nuisances, en vain. Ici, les avions font partie du quotidien.

Pourtant, avec le plan Wathelet, notre situation s’est améliorée. Les avions sont toujours présents, certes, mais en bien moindre quantité.

Alors j’aimerais vous poser une question : pourquoi devrions-nous être les seuls à supporter le survol aérien bruxellois ?

L’ancien plan prévoyait un survol massif de quelques zones ciblées. D’autres zones (telles que les vôtres) étaient (presque) épargnées, du moins si nous comparons les deux niveaux de nuisances.

Vouloir changer le plan Wathelet, c’est comme se renvoyer la balle. Il est vrai que personne n’en veut, de ces nuisances, alors il est compréhensible qu’on préfère "les renvoyer chez l’autre". Pourtant, est-ce vraiment juste ? Pouvons nous vraiment, sous le prétexte d’un "dérangement personnel" vouloir accabler l’autre de tout, au lieu de supporter un petit peu de son fardeau ?

Selon moi, votre mouvement n’est pas citoyen, mais égoïste. Les valeurs d’équité et de partage devraient prévaloir sur le profit personnel.

Malheureusement, pour tous les habitants de Bruxelles, le trafic aérien est une réalité de notre temps. Il ne va qu’en s’aggravant, c’est le cas dans toutes les villes à forte densité de population.

Dans cette situation, chacun a la responsabilité de supporter quelques nuisances inévitables.

Vous parlez de zones plus densément peuplées, de sécurité… Je comprends votre logique, souvent appliquée au cours des siècles : "sacrifions la minorité au profit de la majorité, c’est comme cela que la société peut fonctionner normalement".

Je me révolte contre cette façon de penser contraire à la démocratie.

En conclusion, l’unique solution au problème des nuisances aériennes, selon moi, est un partage. La réalité est là, personne ne peut y échapper. Vous tenez à vos droits, c’est normal. Il faut veiller à un respect des heures de survol (pas pendant la nuit). C’est la seule manière d’alléger notre fardeau, qui nous appartient à tous !