Wathelet : "Si les Bruxellois veulent déplacer l’aéroport, le débat est ouvert"

lalibre.be
donderdag 20 maart 2014

Melchior Wathelet défend son plan et fustige l’attitude "électoraliste" de certains politiques qui font "mousser" les riverains.

Une multitude de pétitions, de plaintes de riverains et deux recours (l’un porté par le gouvernement flamand et l’autre par des habitants du Noordrand) : le plan de survol de l’aéroport de Bruxelles-National continue de susciter de vives réactions quelques semaines après son introduction. Dernièrement, la charge est surtout venue de Bruxelles, via les voix de la ministre régionale de l’Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo) et de Didier Gosuin (FDF), le bourgmestre d’Auderghem, l’une des communes du sud (sud-est) de Bruxelles qui se dit lésée dans la nouvelle attribution des vols.

Ces différentes sorties dans la presse ont fait bondir de son siège le secrétaire d’Etat Melchior Wathelet (CDH) en charge du dossier. "Je comprends que pour les gens qui n’étaient pas survolés auparavant et qui le sont dorénavant, ce n’est pas simple, lance-t-il. Mais ce qui dépasse les bornes, c’est l’attitude de ces deux élus politiques qui font mousser leurs électeurs en utilisant des éléments faux ou incorrects".

La fausse carte de Huytebroeck

M. Wathelet reproche ainsi à Evelyne Huytebroeck d’avoir présenté à la presse une "fausse carte" des survols pour "faire peur à tout le monde dans un dossier qui n’est déjà pas simple". Mais ce qui énerve le plus le secrétaire d’Etat, c’est le "double langage" de Didier Gosuin. M. Wathelet a ainsi été repêcher une lettre (dont "La Libre" a pris connaissance) datant du 4 juillet 2012. "Dans cette lettre, le bourgmestre d’Auderghem me demande explicitement de me dépêcher d’appliquer ce plan de survol… qu’il est désormais le premier à contester." Le bourgmestre d’Auderghem décrit ainsi, dans le document, le virage Gauche 1700 pieds vers Huldenberg (soit le survol de l’est de Bruxelles) comme "une véritable autoroute aérienne qu’il faut éclater". "C’est exactement ce que j’ai fait comme le prévoyait le gouvernement !", s’insurge M. Wathelet. "Et maintenant, M. Gosuin organise des réunions pour chauffer les gens, finance les actions en justice des citoyens avec l’argent communal contre un plan, qu’il y a deux ans, il me reprochait de ne pas exécuter au plus vite. C’est aberrant. Nous sommes à quelques mois des élections, et l’élu FDF s’amuse à envenimer les choses." M. Wathelet plaide d’ailleurs pour une autorité de contrôle sur les nuisances sonores afin "d’éviter ce type de dérapages" et "d’objectiver les débats".

"L’exécutif flamand voulait tous les vols sur Bruxelles"

Le secrétaire d’Etat se défend aussi d’avoir fait le jeu de la Flandre en poussant les avions à survoler Bruxelles. "La preuve ? Les recours viennent du nord du pays. Le gouvernement flamand me disait de tout mettre sur Bruxelles, Evelyne Huytebroeck me disait de tout mettre sur la Flandre. La seule vérité, c’est que la proportion Bruxelles-Flandre est restée identique par rapport à l’ancien plan." D’après lui, son plan, qu’il espère "parti pour de nombreuses années", répartit les vols de la manière "la plus juste possible". "Même si je ne vais sans doute pas le convaincre, je peux expliquer rationnellement à tout habitant pourquoi il a un avion au-dessus de sa tête. Avant, la seule raison pour laquelle les avions passaient en majorité à l’est de Bruxelles était purement politique. Cette autoroute aérienne n’avait aucune justification."

D’après M. Wathelet, malgré l’arrivée de Ryanair à Zaventem, les mouvements d’avions aux alentours de la capitale resteront moindres qu’à la grande époque de la Sabena. "Il y avait 320 000 mouvements en 2000, il y en a 210 000 annuellement maintenant."

Plusieurs associations estiment toutefois que l’aéroport de Bruxelles-National est trop proche de la capitale et qu’il faut le déplacer. "Si les Bruxellois ne veulent plus du tout d’un aéroport qui génère 21 000 emplois directs et 60 000 indirects, s’il faut tout transférer à Liège ou Charleroi, cela me surprendrait, mais on peut ouvrir ce débat."

Raphaël Meulders