Personne ne veut du bruit des avions

lesoir.be
donderdag 27 februari 2014

Depuis le 9 janvier, un nouveau plan de survol de Bruxelles est entré en application.Des communes jusque-là tranquilles se plaignent des perturbations.Benoît Cerexhe a interpellé Evelyne Huytebroeck sur le sujet.

C’était dans l’accord de gouvernement fédéral décidé en 2008 puis en 2010. Le plan de procédures de décollage à l’aéroport de Bruxelles mis en œuvre le 9 janvier dernier et adapté le 6 février par le secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet (CDH) s’annonçait comme une bonne nouvelle pour le quotidien des habitants de plusieurs communes de la capitale et de sa périphérie. Mais comme c’est le cas depuis de nombreuses années et les multiples plans de décollage qui se sont succédé, le bonheur des uns fait le malheur des autres : les communes d’Auderghem, Etterbeek et Watermael-Boitsfort ont adopté, ou s’apprêtent à le faire, une motion demandant au gouvernement fédéral de suspendre le plan et à la Région bruxelloise d’introduire un recours au conseil d’Etat contre ce nouveau dispositif, ainsi que le gouvernement flamand a également annoncé son intention de le faire.

Car en modifiant l’ancienne trajectoire, appelée Denut, afin d’obliger les pilotes à effectuer un virage à droite vers le Nord-Ouest au décollage, en envoyant les vols de nuit et de week-end qui prenaient autrefois la route du Ring vers la route du Canal, supposée moins peuplée, en lançant tous les gros-porteurs qui décollent depuis la piste 25 Droite sur la même route du Canal en journée et en excluant les gros-porteurs du virage à gauche, le nouveau plan a certes soulagé les habitants des communes proches de l’« Oostrand », l’est de Bruxelles, (Overijse, Diegem, mais aussi Crainhem et Wezembeek-Oppem) et du « Noordrand » (Vilvorde, Haren, Meise, mais aussi Wemmel), mais au détriment notamment des habitants des bords du Canal, surtout au centre-ville très densément peuplé, ainsi que des trois communes engagées dans une motion et de certaines zones de Woluwe-Saint-Pierre (le quartier du Chant d’Oiseau, par exemple).

Mardi, en commission Environnement au parlement bruxellois, le député et bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre Benoît Cerexhe (CDH) interpellait sur le sujet la ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo). Enonçant d’abord les qualités du nouveau plan qui, selon lui, « améliore de manière significative le niveau de nuisance sonore perçue au sol dans sa globalité » et supprime « l’arbitraire trop souvent ressenti par les Bruxellois dans le choix des pistes prioritaires édictées par Belgocontrol », Benoît Cerexhe s’étonnait des déclarations récentes d’Evelyne Huytebroeck exprimant son opposition au plan. Il lui demandait également le détail des mesures de contrôle des normes autorisées pour le niveau sonore des avions, ainsi que des précisions à propos de l’application des sanctions pour les avions trop bruyants (pour rappel, si les plans de vol sont de la compétence du fédéral, le contrôle des normes et l’application des sanctions – des amendes qui peuvent être lourdes – sont de la compétence de la Région).

Dans sa réponse, Evelyne Huytebroeck, annonçant qu’elle avait renoncé à introduire un recours au conseil d’Etat « pour des questions de délais », a confirmé examiner des voies de recours contre le plan fédéral, « notamment une action environnementale », et qu’une décision serait prise sur la voie à suivre en concertation avec le gouvernement bruxellois. Car, a-t-elle souligné, le nouveau plan concentre sur le Canal une quantité d’avions qui empruntaient auparavant d’autres routes, entraînant une augmentation de trafic sur cette route de 125 %. Cela alors que la route du Canal, contrairement à ce que défend Melchior Wathelet, survole « des quartiers parmi les plus densément peuplés de la Région. »

Pour Benoît Cerexhe, il conviendrait en tout cas, avant tout, de faire respecter les normes : 478 amendes ont été transmises aux compagnies aériennes par Bruxelles Environnement entre 2010 et 2012 pour un montant total de 13.300.193 euros. Seules 38 d’entre elles ont été payées, à hauteur de 571.327 euros…